(Parce qu’on préfère parfois l’écoute à la lecture ; le podcast de ce billet d’humeur est juste au dessus, ou sur ce lien Spotify, pour vos oreilles)

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Pour cette journée internationale des droits de la femme, je me suis octroyé le droit … de ne rien dire.

Parce que devoir reluquer du code promo aguicheur sur spam-stagram ne m’a pas franchement excitée,

Parce que devoir être belle, souriante et désirable ou au contraire, devoir afficher ses poils, son naturel et ses cordes vocales puissantes ne restera jamais plus qu’un « devoir » selon les convictions de certaines, le plus souvent auto-imposées.

Parce que les injonctions omniprésentes visant à devoir s’accepter tel que nous sommes n’ont finalement plus de conseil bienveillant que le nom,

Parce que ce devoir d’être forte martelé à tout va m’a filé la nausée,

Enfin, tout simplement parce que cette journée, c’était la journée DES DROITS de la femme, et non celles de leurs OBLIGATIONS.

Le droit de pouvoir parfois se sentir moche, vulnérable et perdue, ou au contraire bonne, sexy et badass sans imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, et sans pour autant se sentir jugée par ces pères et mères morales du dimanche à qui je conseille vivement de lire et relire la définition du mot « liberté ».

C’est vrai quoi. On a toutes le droit de se sentir moches, vulnérables et perdues un jour. Ou 2, ou plus si ça nous chante. Même si on nous éblouit à longueur de swipe par des visages rayonnants, des corps assumés et des psaumes abscons qui nous ordonnent de nous battre, d’être fortes, que « quand on veut on peut » … (avoue, on te l’a déjà faite celle-là hein !? Là tu m’vois pas mais j’cligne de l’œil 😉 ).

Oui mais si un jour j’peux plus ? Si un jour j’suis fatiguée et que j’ai même plus la force de hurler mon dégoût de ce monde ? Si j’ai plus envie de faire semblant, de tremper dans le positivisme absurde qui consiste à faire l’autruche tout en se disant que les yeux dans le sable, c’est peut-être bon pour la circulation du sang ? Hein ? Si j’veux plus ? Est-ce que ça fera de moi une femme moins bien que la voisine qui me répète qu’une femme doit être comme ci ou comme ça ?

On ne remplace pas un dictateur par un autre. Une personne qui souhaite vous empêcher d’être libre par une personne qui vous oblige à l’être.

La liberté, ça ne s’impose pas. De même que la liberté, ça se désire. Sinon, comment la savourer ensuite et comment mesurer toute l’étendue de son impact ? Vouloir imposer la liberté, c’est à peu près aussi con que de vouloir imposer des bonbons à un enfant. Ça part d’une bonne intention, on s’dit qu’ils vont adorer ça et puis ça se termine chez le dentiste à réparer des caries. En fait, vouloir imposer la liberté, c’est le meilleur moyen pour que d’autres s’en servent dans le but de légitimer leur soumission à une autorité tierce. « J’ai le droit d’être soumise puisque je suis libre de faire ce que je veux ». S’octroyant ainsi la liberté de ne plus l’être, comme par réaction, par pur esprit de contradiction.

Parfois, dire STOP, se dire que ça ne va pas, que là on ne se sent pas bien et qu’on ne veut plus prouver quoi que ce soit à personne en tant que femme, ce n’est pas forcément mal. Ce n’est pas non plus abandonner. C’est juste un temps de pause nécessaire pour apprendre ou ré-apprendre à avancer dans de meilleures conditions.

Dans le fond, une femme ne doit rien. Une femme n’est obligée de rien. Ni de s’affirmer, ne de se soumettre. Finalement, la plus belle façon d’être une femme, c’est peut-être tout simplement de vivre comme un Être Humain, au dessus de la notion de genre. Un Être Humain avant tout, qui ne demande pas la permission et ne cherche même pas l’approbation. Elle ne se soucie ni de ce qu’il convient, ni de ce qui lui est socialement destiné. Elle fait, parce qu’elle le souhaite, tout simplement.