JANIS-EN-SUCRE - Slam 01Attention, poils sur mes bras … Gaaarde à vous !

C’est exactement ce qu’il s’est produit lorsque j’ai écouté cette nana prononcer son poème « Meet yourself in the mirror » (sorte de rendez-vous avec soi-même). Ashley Wylde, génie du slam, a mis tout le monde d’accord lors d’un concours aux États-Unis, avec une interprétation on ne peut plus sensible.

Au début, pas convaincue. J’ai même failli trouver ça long … Long jusqu’à ce qu’elle en vienne au fait et que, étrangement, ses mots trouvent une raisonnante particulière en moi. Alors j’ai voulu vous le faire partager, tout simplement parce que j’ai trouvé ça juste et tellement bien dit !

Je vous laisse le soin de l’écouter à votre tour et pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, je vous ai traduit le poème en dessous. Ne vous découragez pas, écoutez tout en lisant, ça vaut vraiment le coup ! (Quant à ceux qui apprécieront, un autre slam tout aussi émouvant que celui-ci est à voir —> juste ici !).

Dites-moi ce que vous aimez.

Si je vous regarde dans les yeux et que je vous demande de me dire ce que vous aimez, les réponses arriveront sans effort.

Vous aimez la pizza, le bricolage, les montagnes russes et la poésie.

Vous aimez lire, vous aimez écrire,

Vous aimez les oiseaux, la musique, les tatouages, les documentaires et la couleur du soleil à travers la fumée d’un feu de forêt.

Vous aimez votre petit ami.

Votre mère. Votre frère. Votre sœur. Votre fille. Votre meilleur ami. Votre chien. Votre grand-mère. Votre cousin. Votre tante. Votre femme.

Vous aimez les pâtisseries, les langues étrangères et la musique folk.

Vous aimez les débuts de matinée, et les fins de soirée. Vous aimez les vacances, les câlins, les cartes de vœux pour votre anniversaire.

Combien de temps pensiez-vous pouvoir continuer sans vous être dit « je m’aime moi » ?

La plupart des gens mettent toute une vie.

Avant, je pensais que j’étais invisible, comme la plupart des jeunes.

Et ma grand-mère, avec un sourire cousu de sagesse, m’a dit que si je voulais connaître la vérité, je devais me tenir face à un miroir.

Elle m’a dit : « Rencontre-toi dans le miroir. Regarde de près, même si c’est bizarre, continue de regarder jusqu’à ce que tes yeux deviennent des cieux avec des constellations de lumière et le reste du monde qui s’estompe. Examine chaque centimètre de ton visage et essaie de sentir ce que tu ressens. Mais approfondis. Regarde même ce que tu ne veux pas voir. Quand tu connaîtras ton visage comme si tu connaissais un ami, regarde toi à nouveau dans les yeux. Même si c’est étrange ou forcé, fais du mieux que tu peux et avec toute la sincérité que tu peux y mettre, dis-toi « Je t’aime ». »

Je pensais que c’était stupide et je lui ai dit. Mais pour je ne sais quelle raison, je suis allée dans ma salle de bain ce soir-là pour un rendez-vous avec mes yeux.

J’étais étonnamment maladroite, maladroitement timide, et je me tenais avec le regard tourné vers le bas comme si je me voyais pour la toute première fois.

Avec un poids dans l’estomac, j’ai croisé mon regard. Alors que ça bouillait en moi, j’ai lâché un soupir, un groupe de mots presque inaudible … Je t’aime …

Ensuite, j’ai pleuré sans pouvoir m’arrêter, parce que je savais que c’était faux.

Je suis restée dans cette salle de bain tous les soirs pendant 1 an et j’ai menti à mes yeux jusqu’à ce que je puisse réécrire la vérité.

Quand j’ai regardé dans le miroir et que j’ai su pour la première fois que je m’aimais, j’ai aussi su que je n’aurai jamais besoin de quelque-chose d’autre pour survivre.

Ma grand-mère me connait et plutôt que de me dire, elle m’a montré ; que l’amour est arbre, et que si nous n’en cultivons pas les racines, nous allons passer nos vies à cueillir des feuilles sèches. Charmantes quand elles sont pressées dans des livres ou maintenues en image dans des cadres, mais elles n’aident pas notre famille à se nourrir de la même façon que les graines.

Elle m’a dit : « Tu ne peux pas dire je t’aime sans implicitement te dire je m’aime avant tout ». Si vous ne vous aimez pas, chaque fois que vous avez dit « je t’aime », c’était un mensonge.

Et elle avait raison.